Quand l’IA agentique transforme le rôle du DRH
Le DRH, chef d’orchestre des transformations
Le double mandat stratégique du DRH
Les DRH endossent désormais un rôle de développeur de valeur qui dessine et pilote l'entreprise augmentée par l'IA. Leur nouveau mandat gravite autour de deux axes majeurs.
Le premier concerne leur capacité à participer activement à la transformation de la fonction RH. Ici, il s’agit notamment de créer un modèle de travail pensé pour la collaboration entre les humains et les agents IA. Les DRH déploient des solutions concrètes et décident des modalités afin de permettre aux équipes RH de se concentrer sur les aspects les plus stratégiques et valorisants de leur poste, comme l’accompagnement des managers ou la gestion des talents.
Le second axe réside dans l’orchestration de la nouvelle workforce hybride. Les DRH deviennent des architectes de la transformation organisationnelle. Ils définissent une vision business centrée sur la valeur, plutôt que sur les coûts, pour amener leur organisation vers un modèle d’entreprise résiliente, capable de croître dans un environnement imprévisible tout en atteignant leurs objectifs business.
L’orchestration d’une workforce intelligente
Les DRH de demain sont ceux qui maîtrisent la complémentarité des deux types d’intelligence. Quelles sont les tâches à accomplir ? Par quel type de ressource ? Quels sont les critères ? Quelle est la valeur ajoutée de l’agent IA pour cette tâche ? Comment suivre la performance de la workforce hybride ? Qui est responsable des résultats IA ?
Un questionnement qui incite à réviser la manière dont l’entreprise mobilise ses ressources. Plus nous intégrons l’IA, plus la valorisation des compétences humaines devient un critère d’arbitrage essentiel. Les DRH doivent bénéficier d’une vision holistique des compétences en interne au moyen d’une cartographie.
Cela va leur permettre d’identifier les besoins pour atteindre les objectifs, de décider si une tâche doit être effectuée par un talent, un freelance ou bien un agent IA et de limiter le risque de perte de la mémoire de l’organisation. En instaurant une dynamique où les compétences sont alignées sur les priorités de l'entreprise, les DRH transforment cette rupture technologique en véritable levier de croissance et de développement du capital humain.
Mais, le DRH, seul, ne peut gérer tous les agents IA. Cette orchestration ne peut toutefois se faire sans une collaboration étroite avec la direction des systèmes d'information (DSI). D’une certaine manière, il faut la voir comme le service RH des digital workers.
Le DRH apporte la vision humaine et stratégique alors que la DSI apporte la couche de gouvernance technologique nécessaire pour créer un environnement où les deux types d’intelligence travaillent de concert. L’alliance entre ces deux services est plus que jamais utile pour déployer des outils sécurisés, respectueux de l’éthique et des réglementations en vigueur.
Le DRH, un soutien stratégique pour l’acculturation de l’IA
Nous pouvons clairement affirmer que le DRH dépasse son rôle de responsable administratif. Il a un regard sur l'évolution du marché, une expertise approfondie en développement organisationnel et une fine compréhension de l’écosystème des compétences pour orienter la stratégie RH.
Cette posture lui confère une place déterminante pour animer la transformation au sein de l’organisation. Le DRH façonne un nouveau modèle de travail agile dans un environnement technologique de plus en plus complexe. En d’autres termes, leur rôle de facilitateur du changement prend encore plus de sens à l’ère de l’IA agentique.
Chaque organisation a sa propre culture et la perception de l’IA n’est pas la même pour tout le monde. Ici, l'important est de définir une stratégie claire pour harmoniser la vision de l’IA à travers l’entreprise et favoriser l’expérience collaborateur. À titre d’exemple, lorsque l’IA libère du temps aux collaborateurs, la fonction RH doit déterminer comment réinvestir ce temps gagné, qu’il s’agisse de la montée en compétence, d’initiatives de mobilité interne ou de confier des missions à plus forte valeur ajoutée.
Passer de l’adoption à l’impact
Bien que la valeur de l’IA agentique soit souvent abordée sous l’angle des gains de temps et de productivité, il s’agit là d’une approche obsolète compte tenu du changement de paradigme qu’elle apporte. Chez Workday, nous sommes convaincus que l’enjeu est en réalité humain.
À l’horizon 2030, les DRH deviennent des agents du changement, des orchestrateurs, capables de conjuguer vision stratégique, workforce hybride et pragmatisme opérationnel pour devenir les garants d'une disruption positive, conciliant agilité organisationnelle, compétences et accompagnement humain.
Ils font le lien entre les ambitions stratégiques et la réalité du terrain pour mesurer l'impact réel de l’IA agentique sur les conditions de travail et le développement des talents, leur permettant par extension de construire une organisation adaptative. Pour y parvenir, il faut adopter des métriques tangibles et évolutives sur lesquelles il est possible d’agir. L’écart entre l’effort manuel et assisté par IA ou la perception des utilisateurs quant à l’adaptabilité des outils IA sont, entre autres, des KPI à suivre de près.