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Comment manager 4 générations sans fragiliser le collectif ?

Comment manager 4 générations sans fragiliser le collectif ?
La question de l’intergénérationnel s’invite aujourd’hui au cœur des organisations. Bien au-delà des débats caricaturaux sur le « choc des générations », elle renvoie à une réalité plus profonde : celle de collectifs de travail durablement hétérogènes, où se croisent des parcours, des expériences et des manières de travailler très différentes. Cet article s’appuie sur une idée simple : la cohabitation de plusieurs générations n’est pas un problème en soi, mais elle devient un enjeu dès lors qu’elle n’est ni pensée ni organisée. En partant d’un constat sur cette réalité désormais installée, il met en lumière les risques concrets pour les entreprises qui la laissent s’installer sans cadre ni principes managériaux concrets pour structurer une coopération durable. Une réflexion au cœur des préoccupations actuelles de la fonction RH, qui sera d’ailleurs largement explorée lors du programme de conférences de HR Technologies France 2026.

Plusieurs générations au travail : un constat désormais incontournable

La présence simultanée de plusieurs générations au sein des entreprises n’est plus un mythe. Dans de nombreuses organisations, cohabitent aujourd’hui jusqu’à quatre générations : les baby-boomers (âgés de 61 à 80 ans en 2025), la génération X (âgée de 46 à 60 ans en 2025), les « millennials » ou génération Y (nés entre 1980 et 1994) et la génération Z, dont les membres sont nés entre 1995 et 2009.

Cette configuration n’a plus rien d’anecdotique. Elle s’impose progressivement comme une nouvelle norme du monde du travail, et marque une rupture avec les modèles antérieurs, où les collectifs étaient plus homogènes en âge et en trajectoires. Pour la première fois, des salariés entrés sur le marché du travail à plusieurs décennies d’intervalle se retrouvent durablement amenés à collaborer, parfois au sein d’une même équipe, sur les mêmes projets et avec des responsabilités imbriquées.

Ce phénomène transforme en profondeur les dynamiques de travail. Il fait coexister des expériences professionnelles, des références culturelles et des rapports au temps, à l’autorité ou à la carrière construits dans des contextes très différents. Autrement dit, il ne s’agit pas seulement d’un empilement de générations, mais d’une cohabitation durable de parcours et de manières de travailler hétérogènes, au cœur même des organisations.

Cette réalité pose mécaniquement la question du lien entre les générations. Non comme un sujet périphérique ou symbolique, mais comme un élément structurant de la vie collective au travail. Car cette coexistence crée aussi un potentiel rarement observé auparavant : celui de faire circuler des compétences, de croiser des savoir-faire et de nourrir le collectif par la complémentarité des expériences. Encore faut-il que cette cohabitation soit reconnue, comprise et organisée, plutôt que subie ou laissée à des ajustements informels.

Intergénérationnel : ce que les entreprises risquent à ne pas s’en saisir

La cohabitation de plusieurs générations au travail, lorsqu’elle est prise en compte de manière lucide, devient un véritable facteur de résilience face aux transformations du travail. En revanche, lorsqu’elle n’est ni pensée ni organisée, elle peut au contraire fragiliser le collectif.

Le premier risque est celui d’un affaiblissement de la créativité et de l’innovation. Les organisations qui laissent s’installer des silos générationnels, explicites ou implicites, se privent de la confrontation des points de vue. Or l’innovation ne naît pas de l’uniformité, mais de la capacité à faire dialoguer des expériences, des méthodes et des regards différents. À défaut, l’entreprise tend à reproduire des schémas connus, à sécuriser l’existant plutôt qu’à explorer de nouvelles solutions, au risque de voir sa performance s’éroder dans un environnement pourtant en mutation constante.

Un second enjeu majeur concerne la perte de connaissances et de savoir-faire. Les entreprises qui ne parviennent pas à retenir ou à intégrer durablement leurs salariés les plus expérimentés s’exposent à une érosion progressive de leur mémoire collective. Au-delà des compétences techniques, ce sont des repères culturels, des pratiques informelles et une compréhension fine de l’organisation qui disparaissent.

Enfin, la manière dont une organisation gère la cohabitation des âges influence directement son image et son attractivité. Une entreprise perçue comme excluante, déséquilibrée ou incapable de faire travailler ensemble des profils de générations différentes envoie un signal négatif. À l’inverse, la capacité à faire coexister et progresser des collaborateurs de tous âges renforce l’engagement des équipes et crédibilise le discours sur les valeurs humaines auprès des candidats.

Grands principes pour réussir un management intergénérationnel sans créer de fractures

Donner un cadre commun lisible par tous

Dans des équipes où cohabitent plusieurs générations, la notion même de cadre peut être interprétée de manière très différente. Certains attendent des règles explicites et une hiérarchie structurée, d’autres recherchent davantage de souplesse et d’autonomie.

Le rôle du manager consiste alors à rendre visibles les règles de fonctionnement, les priorités, les responsabilités et les marges de manœuvre. Non pour rigidifier l’organisation, mais pour réduire les zones d’incertitude. Un cadre partagé améliore les relations et facilite la coopération entre des profils aux attentes différentes.

Rendre la communication inclusive sans l’uniformiser

La pluralité des générations s’exprime fortement dans les usages communicationnels. Certains privilégient l’écrit formel, d’autres l’instantanéité, d’autres encore les échanges oraux. Le risque n’est pas la diversité des canaux, mais l’absence de règles claires sur leur usage.

Un management intergénérationnel efficace repose sur une organisation explicite de la communication : savoir quel canal utiliser, pour quel type de sujet, dans quel délai. Cette clarification limite les frustrations, évite les interprétations erronées et permet à chacun de trouver sa place, sans imposer un modèle unique.

Organiser la transmission dans les deux sens

La transmission des savoirs reste un enjeu central, mais elle ne peut plus être pensée à sens unique. L’expérience, les savoir-faire métiers et la mémoire de l’organisation coexistent désormais avec de nouveaux usages, de nouvelles compétences et de nouveaux repères professionnels.

Le management intergénérationnel consiste à reconnaître la valeur de ces apports croisés, sans hiérarchie implicite entre ce qui serait “ancien” ou “nouveau”. Lorsque la transmission devient un échange réciproque, elle renforce la reconnaissance mutuelle et consolide le sentiment d’utilité de chacun.

Créer des espaces de coopération intergénérationnelle

La cohabitation ne devient réellement efficace que lorsqu’elle s’incarne dans des situations de travail concrètes. Les projets transverses, lorsqu’ils réunissent volontairement des profils d’âges et de parcours différents, permettent de dépasser les représentations et de révéler les complémentarités.

Ces espaces de coopération offrent un terrain commun où l’expérience, la créativité et la capacité d’adaptation se combinent au service d’un objectif partagé.

Au fond, le management intergénérationnel ne consiste pas à concilier des générations mais à organiser les conditions d’une cohabitation durable, respectueuse des réalités de travail. Une réflexion qui trouvera un écho particulier lors de la keynote d’Amélie Favre-Guittet (le mercredi 28 janvier, à 10h, en salle de conférence Étincelle), qui invite les RH à dépasser les oppositions générationnelles pour passer du simple vivre ensemble au faire ensemble. À travers une approche lucide, étayée par vingt ans d’expérience, elle rappelle une idée clé : ce ne sont ni l’âge ni la génération qui font la performance, mais la capacité des organisations à créer une coopération réelle entre innovation et expérience. Un échange prolongé par la table ronde « Comment ne pas faire des seniors les grands oubliés des politiques RH de 2026 ? », réunissant Caroline Sarrot Lecarpentier, Nicolas Heron (Metro France), Marie-Aude Souillé (PMU) et Patrice Marmouget (Seniors Force Plus) le mercredi 28 janvier à 10h30, en salle de conférence Étincelle. 

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  1. Keynote
    Salle Étincelle
    25 min
    • RH, Travail & Société
    Dans cette keynote augmentée, entre réalisme et IA, Amélie Favre Guittet invite les RH et les dirigeants à repenser leur approche du travail entre générations. Elle démonte, avec humour et franc-parle ...

 

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